Un Plan d’action genre (PAG), structuré autour de six axes thématiques et d’une cinquantaine de mesures prioritaires, a été présenté ce jeudi 13 août 2026 à Dakar afin de faire de l’égalité, de l’inclusion et de la prévention des violences des principes durables dans les infrastructures et activités liées aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026.
Conçu comme un outil opérationnel, le PAG couvre les différentes étapes des Jeux, de la phase des travaux à l’organisation de l’événement, jusqu’à son héritage. Il vise à inscrire durablement les principes d’égalité et d’inclusion dans la gestion et l’utilisation des infrastructures sportives.
Un outil opérationnel pour un héritage équitable
Présenté par Aïcha Idy Wally Ba, experte sociale et point focal Genre à l’Agence des travaux et de gestion des routes (AGEROUTE), le plan est issu d’un diagnostic participatif mené à travers des visites de terrain, des ateliers, des entretiens et des consultations avec les collectivités territoriales, les services de l’Etat, les acteurs du sport et les structures spécialisées.
« Plus qu’un diagnostic, c’est un plan d’actions avec des mesures concrètes, un budget et une démarche d’appropriation par les acteurs », a-t-elle expliqué.
Le PAG ambitionne notamment de garantir un héritage équitable au bénéfice des femmes, des filles, des jeunes, des personnes en situation de handicap ainsi que des populations vivant dans des zones sous-équipées.
Ses six axes portent notamment sur la conception inclusive des infrastructures, la sécurité, la gouvernance participative, la promotion du sport, le leadership féminin et la coordination des acteurs.
Des infrastructures pensées pour tous
Parmi les mesures prioritaires figurent l’aménagement d’espaces de change pour bébés accessibles aux femmes comme aux hommes, la création d’espaces sûrs destinés aux victimes ou aux personnes exposées aux violences, ainsi que la désignation de référents genre sur les différents sites.
Le plan prévoit également la mise en place d’une checklist destinée aux futurs comités de gestion des infrastructures. Celle-ci permettra notamment de suivre la représentation des femmes, les ressources humaines, l’accès aux équipements et la participation des usagers.
L’objectif fixé est d’atteindre au moins 50% de femmes dans les instances de gestion des infrastructures sportives.
L’accessibilité des personnes en situation de handicap occupe également une place importante dans le dispositif, avec une prise en compte des dimensions physique, sensorielle et cognitive.
La question de la sécurité routière est par ailleurs intégrée au plan, notamment autour de onze écoles situées à proximité des infrastructures sportives.
Faire des JOJ un levier de transformation durable
Le responsable de la planification à la Direction de l’équité et de l’égalité de genre (DEEG) du ministère en charge de la Famille, Babacar Diop, a insisté sur la nécessité d’inscrire le PAG dans la durée.
« Notre ambition doit être claire : ne pas seulement parler d’égalité, mais créer les conditions qui permettent de la rendre effective », a-t-il déclaré. Selon lui, le diagnostic doit permettre d’identifier les inégalités et de les traduire en mesures concrètes, réalistes et mesurables, assorties de responsabilités et de mécanismes de suivi.
Dans cette perspective, les JOJ Dakar 2026 doivent laisser un véritable héritage social et institutionnel, notamment en renforçant l’accès des filles et des femmes aux infrastructures sportives, aux responsabilités et aux métiers liés au sport.
Cette ambition se traduit déjà dans certaines activités des Jeux, avec notamment l’objectif de faire participer 60% de femmes à la cérémonie d’ouverture.
Les collectivités territoriales au cœur de l’héritage
La réussite du PAG reposera également sur son appropriation par les collectivités territoriales. Les représentants des communes ont ainsi souligné leur rôle central, plusieurs d’entre elles étant appelées à assurer la gestion des infrastructures sportives de proximité après les Jeux.
Le programme de renforcement des capacités de Sport Impact doit contribuer à accompagner cette démarche à travers des formations consacrées au leadership féminin, à la masculinité positive, à l’égalité et à la mixité dans le sport ainsi qu’à la prévention des violences.
Les prochaines étapes porteront notamment sur l’accompagnement des communes, la désignation de référents genre et inclusion, la mise en place de mécanismes de gestion des plaintes, le suivi régulier des actions et l’évaluation des progrès réalisés.
Un héritage appelé à dépasser les JOJ
A travers le Plan d’action genre, les acteurs de la préparation des JOJ Dakar 2026 souhaitent faire de l’événement un catalyseur d’une transformation durable des pratiques dans le sport et la gestion des infrastructures.
L’enjeu est désormais de traduire les engagements du PAG en pratiques durables et reproductibles, afin que l’expérience des JOJ Dakar 2026 puisse servir de référence à d’autres infrastructures sportives et collectivités territoriales au Sénégal.
Au-delà de la compétition, cette démarche inscrit ainsi les JOJ Dakar 2026 dans une perspective d’héritage social, institutionnel et inclusif, en cohérence avec les valeurs olympiques et l’ambition de faire des Jeux un véritable accélérateur du développement du sport pour tous.
